Avant de rentrer dans le vif du sujet, je tiens à préciser que je ne prétends pas ici proposer un article exhaustif au sujet de la typographie. Je ne rentrerai pas dans les détails du vocabulaire extrêmement spécifique qui permet de mettre des mots sur l’anatomie de la lettre ; mais simplement classer les polices par grandes familles telles qu’elles sont employées aujourd’hui dans le langage courant du graphisme (agence de communication, imprimeur, agence de publicité, studio de création, etc). Ainsi si vous êtes une personne extérieure aux domaines du graphisme et de la typographie mais que vous souhaitez entreprendre un projet de création d’identité visuelle (par exemple), vous trouverez ici quelques outils pour ne pas vous sentir démunis face aux différents types de polices existants.

– Les « Sérif » –

Aussi appelées les polices « avec empattements », ce sont les polices les plus classiques. Ce nom « d’empattement » vient de leurs petits pieds en haut et en bas qui prolongent et stabilisent leur dessin. Leurs terminaisons peuvent pointer dans une seule direction ou s’étendre des deux côtés. Ce sont les polices les plus fidèles au sens où vous ne serez jamais déçus par leur utilisation, elles sont fiables et intemporelles. Les polices Sérif nous entourent au quotidien dans les livres, les journaux, les magazines et même certains logos. Elles rassurent et ne fatiguent pas notre oeil de lecture qui est habitué à la lire. Petit à petit elles apparaissent sur le web, mais ce n’est pas encore très répandu. La plus célèbre que vous connaissez certainement est la Times New Roman. Dans le design graphique elles peuvent être utilisées pour connoter l’élégance, le luxe, le sérieux, la sophistication et parfois un aspect conservateur.

– Les « Sans Sérif » –

Comme vous devez vous en douter et comme le nom l’indique, ces polices n’ont pas de petits pieds. C’est tout l’inverse, ce sont des polices dites sans empattements, linéaires ou bâton. Montrant une économie de moyen et une simplicité du dessin, elles sont épurées et tournées vers le futur (bien qu’apparues au milieu du XIXè tout de même !). Malgré leur simplicité, il en existe de très nombreuses toutes aussi différentes les unes que les autres. Elles sont principalement utilisées dans le milieu du web et du digital, mais certaines se prêtent tout aussi bien à l’impression. Néanmoins, il est plus intéressant de les utiliser sur les logos ou en titrage, en bref pour des éléments de grand format, comme sur ce projet. Les plus connues sont la Helvetica et la Futura. Clarté, efficacité, sobriété, modernité et propreté sont les adjectifs qui les qualifient le mieux. Quelques exemples :

– Les « Black Letter / Gothique »

Elles existent depuis plus de 600 ans. Elles imitent l’écriture à la plume des moines qui recopiaient la Bible. C’est Gutenberg (Johannes de son petit nom), qui, par la suite, invente la première presse d’impression en utilisant ce type de lettre pour imprimer la bible à son tour en 1452. Durant la seconde Guerre Mondiale, le régime nazi s’en empare pour leur propagande (notamment la Fraktur).

Ces polices sont très particulières et s’utilisent avec parcimonie. Nous pouvons les retrouver dans certains cas précis comme des gros titres de journaux (cf. New York Times), des étiquettes de bière, des écritures religieuses, des groupes de heavy métal ou bien encore des tatouages. Attention ! Elles ne s’utilisent jamais tout en capital. Les capitales ont été imaginées pour être des lettrines (lettre en début de paragraphe). Elles ont longtemps été délaissées, mais reviennent petit à petit avec goût.

– Les « Scriptes / Manuscrites / Calligraphiques » –

Ces polices cursives imitent l’écriture manuelle. On y distingue deux sous-catégories : les formelles et les informelles

Les formelles sont celles ayant un style plus classique qui imite l’écriture tout en fioritures et ligatures. Elles s’imprègnent des documents réalisés à la plume au 18è siècle. Elles connotent d’autant plus un évènement sophistiqué, élégant et distingué. 

Les informelles sont toutes les autres. Elles peuvent ressembler à une écriture scolaire ou toute autre écriture semblant être écrite à la main. De cette façon il peut y avoir un large panel de différences.

Dans les deux cas ces types de polices sont à utiliser avec précaution car elles peuvent vite devenir illisibles. Elles sont très souvent envisagées pour des faire-parts (cf. ce projet), des cartes de voeux, des menus de restaurants, des invitations à des évènements. Dans tous les cas elles ne seront jamais utilisées en texte de labeur (de paragraphe). La clé de leur graphisme réside dans le fait qu’elles imitent l’utilisation d’outils comme la plume, le stylo Bic, le pinceau, le crayon, et bien d’autres encore ; tout cela crée autant de polices. Elles connotent la fluidité, le mouvement, l’humain, le dynamisme, la créativité, et parfois la féminité. 

– Les « Display / Décoratives » –

Enfin, on termine avec toutes celles qu’on peut qualifier d’excentriques. Elles sont inclassables car il peut y avoir beaucoup de sous familles : les Bitmap , les Grunge, les Fantaisistes, les Bande Dessinées, etc. Chacune d’entre elles à sa propre connotation, son propre langage. Elles sont utilisées à titre décoratif, pour des gros éléments graphiques dans des mises en page éditoriales, ou des petits détails graphiques (dans des sommaires par exemple), mais jamais comme texte de labeur. Certaines, parfois, sont victimes de leur succès durant 1 an ou 2 et sont utilisées à outrance. Puis, elles tombent rapidement en désuétude (exemple du cas de la Lobster il n’y a pas si longtemps qui se situe entre une scripte et une display). Néanmoins, elles peuvent être utiles pour la conception de logo.

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J’espère que vous y verrez maintenant plus clair sur les différents types de polices les plus répandus à ce jour. Il est agréable en graphisme de jouer avec ces disparités pour créer des compositions harmonieuses. À vous de jouer !

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